Le bus du matin

Je sors du métro et frissonne, plus par habitude car l'hiver touche à sa fin. Au coin de la rue de la Victoire, je me fais même attraper par un rayon de soleil.

J'avance, les yeux dans les pieds, la tête dans mes pensées, je ne me laisse pas happer par le ballet des voitures. Au feu, une cycliste fait mine de pas voir les passants qui traversent au rouge. Un bouledogue passe à un poil de se faire écraser et son maître, qui lui ressemble beaucoup, échange un regard avec moi.

Je monte le long de la rue du Faubourg Montmartre et me retourne, en quête du bus 74. Ce bus, c'est mon petit plaisir coupable du matin, ma faiblesse. Quand il est là, au feu, je l'attends et il m'amène à destination, 100 mètres plus loin. Ou devrais-je dire 100 mètres plus haut. Car la pente est douce, dans la rue Notre-Dame de Lorette, mais pente elle reste.

Petit soupir. Ce ne sera pas pour ce matin. Je continue donc mon chemin à pied. Le ciel est bleu. Le soleil lumineux. Ça sera une belle journée.

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