Le bus, cette grande aventure

Prendre le bus, parfois c'est la grande aventure. Je vous vois sourire, là derrière votre écran, mais c'est pourtant vrai. Je ne parle pas des trajets en bus qu'on fait quotidiennement, où le paysage vous passe devant les yeux comme un mauvais film vu mille fois. Quoique même là, si on prend le temps de bien regarder, on aperçoit souvent dans la rue des scènes amusantes, touchantes, incongrues.

Avant-hier j'ai du prendre le bus 52. J'allais à Opéra, il pleuvait, et une petite souris m'a soufflée l'idée à l'oreille. Je suis montée rue de la Boétie. Je ne connais pas bien ce coin-là, alors je me suis laissée portée. Le bus est parti à la conquête des rues chics de la ville.

On est passé rue du Faubourg Saint-Honoré. Les boutiques de luxe, les hommes sortant de chez Pierre Cardin avec élégance et style. Beauveau. Des hommes et des femmes pressés, en costume, le visage aussi strict que le look.

L'Elysée et son cortège de policiers.

Le Grand Palais, splendide sous la pluie.

Et le bus a tourné en direction de la Place de la Concorde. Je voyais au loin le chapeau doré de l'obélisque, dardant son pic vers le ciel gris, et brillant malgré tout de mille feux.

Malgré les voitures pressantes, j'avais l'impression de faire un voyage fabuleux. Et puis le bus 42 a fait un peu la course avec nous sur une centaine de mètres. Un vélo nous a permis de gagner d'une courte roue.

Vous savez, quand on cesse de s'émerveiller, c'est un peu la fin de l'enfance à chaque respiration. Et moi, je suis une grande enfant. Je suis comme ça, je m'émerveille de tout. Et c'est tellement plus léger à vivre !

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