Les amoureux du bus 74

Presque tous les matins, je les vois, marchant devant moi. Main dans la main, on dirait qu'ils sont tombés amoureux la veille.

Je les connais maintenant, lui le grand blond, avec des lunettes. Elle, grande rouquine aux cheveux frisés. Ils s'arrêtent au même arrêt de bus. Ils s'enlacent souvent, s'embrassent, se câlinent.

Quand le bus arrive, ils ont du mal à se séparer. Il la regarde monter. La suit tout le long du bus, comme un parent qui dit au revoir à son enfant partant un mois en colonie. Ils se regardent avec intensité à travers la vitre. Et quand le bus démarre, je vois ses épaules à lui tomber un peu.

La première fois, j'ai cru à des amoureux qui se séparaient pour la première fois. Mais chaque matin, la scène se rejoue, à l'identique.

Il y a un côté bisounours à tout cela, attendrissant, et en même temps, quelque chose d'un peu gênant. Je ne saurais l'expliquer.

Mais ils sont touchants, les amoureux du bus 74.

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