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Depuis que j'ai appris que j'avais une maladie auto-immune, j'ai fait plusieurs passages à l'hôpital.

Dans mon "malheur", j'ai eu de la chance. Ma maladie est très gênante au quotidien : contrôle permanent des plaquettes par des prises de sang (compliquées car mes veines sont très fines et profondes), tests de médication sans succès, passage à l'hôpital pour me passer en perf' le seul médicament qui fonctionne... Mais au jour le jour, je ne souffre pas. 

Aussi durant ces derniers mois, j'ai eu beaucoup de temps pour penser à ceux qui souffrent. Les personnes de mon entourage, qui ont (et ont eu) à combattre la maladie, la souffrance. Qui ont mal encore aujourd'hui. A ma soeur surtout et son courage. C'est aussi pour ça que je n'arrivais pas à m'avouer que j'étais malade. Je n'avais pas l'impression de l'être.

Je tenais donc aujourd'hui à rendre hommage à ces femmes qui ont croisées ma route à l'hôpital. Je ne parle pas du personnel soignant, exemplaire, un vrai soutien sans qui le moral aurait vacillé beaucoup plus souvent que cela n'a été le cas. Mais surtout à celles qui ont partagé de longues heures, côté à côté sur nos lits d'hôpital pas toujours confortables. Avec des maladies bien plus costaudes que la mienne : cancers, lupus, dégradation de l'oesophage et j'en passe. 

Je repense à leur courage, leur sourire. A Lydie, la veille de nouvel an, son sourire, son éclat de rire même avec son chapeau de père Noel musical sur la tête en train de faire une petite danse aux internes ravis... 

Je repense à ces longues discussions, sur la maladie, nos vies, nos familles... Sur l'espoir, palpable. L'envie. La vie. 

Je repense à leur solitude, lisible dans leur regard, car s'il y a bien un truc que j'ai compris, c'est que même entouré, on est seul avec sa maladie. Et puis à ces mêmes yeux qui s'éclairent, quand une personne vient leur rendre visite. 

Les blagues échangées avec les aide-soignants, qui finissent par te reconnaître, au fil des hospitalisations. Les petits mots pour savoir comment vont leurs familles, parce que ça va dans les deux sens. Ils s'occupent de nous, on s'intéresse à eux. On lie. Parce que le lien permet de se dire que tout ça a un but.

Je repense aux nouvelles, assénées par les médecins, qui souvent ne restent que deux minutes dans ta chambre. Et le fait qu'être à deux, ça permet tellement de ne pas encaisser ça seul. De débriefer. "Vous avez bien entendu comme moi ce qu'il a dit ?"

De se plaindre aussi parfois. De se confier. De tout se raconter. On ne se reverra peut être jamais. Et ça fait du bien parfois, de tout sortir. Ses tripes, sa colère, sa joie aussi.

Alors merci. Merci mesdames d'avoir partagé ma chambre. D'avoir partagé votre vie, sans pudeur. Merci de m'avoir soutenue, écoutée, de m'avoir fait confiance en me racontant vos anecdotes de famille. Merci de m'avoir fait sentir moins seule avec ma maladie.

 

 

 

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