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Mercredi 20 octobre 2004



L'autre jour, sur un forum de psy, une internaute s'offusquait parce que l'un des experts avait répondu à une femme qui avait un "petit problème" au travail. Selon elle, cet acte était odieux. Elle était persuadée que répondre à quelque chose de si léger était une insulte pour tous ceux qui souffrent réellement. Je me suis demandé surtout si elle n'avait pas posé elle-même une question qui serait restée sans réponse. Mais bon, elle pointait du doigt une injustice : le vrai débat etait ce non-respect face à la souffrance d'autrui. Telle était l'urgence.

Bienvenue dans la société nouvelle. Ici, il faut sauver Willy à tout prix. Voilà ce qu'on a gagné, à force de faire bouffer du pathos à tout le monde. A la télé tous les jours, ça se discute. On vient vous montrer avec une loupe grossissante que la France souffre, et tout le monde en parle. Les familles qui se déchirent, qui se prêtent leurs mères pour voir comment ça marche ailleurs. La violence conjugale, dans la rue, dans votre salon. On témoigne à visage caché. N'oublions pas qu'on ne peut pas plaire à tout le monde.. Peu à peu, ça s'est accumulé. Et aujourd'hui, ça dégouline du poste. On a banalisé la violence et on ralentit même pour voir les accidents sur l'autoroute. Au temps de la révolution, les gens allaient voir les exécutions publiques à la guillotine sur la grande place. A présent, Monsieur et madame dînent devant le 20 heures. Vous reprendrez bien une louche de pathos très cher ?

Forcément, de fait, quand on vous montre que tout le monde ne souffre pas autant : ça révolte. Mais peut être justement que la vraie révolte est ailleurs. Ca ne vous étonne pas, vous, les scores audimat de Joséphine Ange Gardien ? Le succès des Gloubiboulga Night ? Ne cherchez plus. Ce n'est pas une génération qui régresse. C'est une génération qui n'en peut plus de se shooter au lourd. A force, la cocotte minute est prête à exploser. Alors on décompresse comme on peut. On se fait des doses de léger, à défaut d'un allégé qui marche vraiment.



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Mardi 19 octobre 2004



Aéroport de Dublin. Dans moins d'une heure, je quitte un pays charmant et on ne peut plus accueillant. Ici tous les gens sont souriants, prêts à vous donner un coup de main. Le café est servi avec chaleur et les personnes qui papotent avec vous ont l'air de VRAIMENT s'intéresser à vous. Une vraie bouffée d'oxygène. Et déjà, là, avant même d'embarquer, me voilà confrontée à la goujaterie française. Un jeune homme pousse tout le monde pour atteindre en premier l'hôtesse. Je me croirais de retour au lycée, dans la queue d'attente de la cantine, les affamés jouant des coudes pour atteindre le buffet en tête. A l'époque, ça m'amusait.

Aujourd'hui, je me mets à râler. Et je me rends compte que ça semble gêner mon entourage. Non, mes amis, je n'ai pas décidé de m'aigrir. J'ai juste décidé de l'ouvrir. Parce que j'en ai marre de me faire marcher sur les pieds sans moufeter. Mais attention, il ne s'agit pas de faire dans la démesure, de râler à tout va, de crier au scandale. Juste réagir de temps en temps, histoire de rééquilibrer les choses. Rassurez-vous, dans le métro, je souris toujours aux enfants…

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Lundi 18 octobre 2004

 


 
Oui, bon, je sais c'est un peu pompeux d'illustrer ce qui suit par une couverture de livre de Céline, mais tant qu'à faire un mea culpa, autant bien le faire ! J'ai eu du mal à écrire ce petit message (la fierté, la féminitude qui craint d'être huée blablabla) quoi qu'il en soit, je vous le dois, après vous avoir autant inquiètés ce week-end et en particulier pour les membres de l'Amicale des Machines à Laver qui ont été nombreux à m'écrire : ma machine est en vie. Je n'explique toujours pas l'odeur de souffre (et je reste sur le "Ca présage rien de bon") mais le fait est que seuls les plombs avaient sauté. Voila. Je compte sur votre compréhension et le fait que vous ne manquerez pas de louer ma franchise, sachant que je présente devant vous toute ma non-connaissance des aléas de la Vie Quotidienne, le plus humblement du monde.

 

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Vendredi 15 octobre 2004



Je lance le programme, peu confiante. M'a déjà joué des tours. L'eau qui dégouline par en-dessous, j'ai connu ! L'enclenchement de programme qui se fait pas, j'ai connu ! L'est sournoise depuis le dernier déménagement. Se venge d'avoir été secouée, sûrement. Mais là, bizarrement, elle ronronne. Comme pour lui montrer qu'on ne me l'a fait pas, je reluque deux minutes par en-dessous, vérifie que les serpillères sont à portée de main, puis rien ne se passant, je repars dans ma chambre.

Dix petites minutes chrono plus tard, j'entends un gros "SCRATCH". Puis plus rien. Je ne sais pas si c'est le "plus rien" ou le "SCRATCH" qui me fait le plus flipper. J'accours dans la cuisine et là, rien. Si ce n'est une odeur persistante de souffre, qui comme le dira ma mère plus tard au téléphone (oui, nous filles, avons besoin de partager ces moments intenses ménagers avec nos mères) : "Ca présage rien de bon".

Bien sûr, impossible de la relancer. Plus rien ne s'allume. Je crois que ca y'est, ma machine à laver est morte. Pas le temps de pleurnicher : il faut sauver mes vêtements, ne pas laisser la machine les emporter avec elle dans la tombe. Me voila donc à sortir du linge dégoulinant de lessive et d'eau du tambour, et à le transvaser dans un sac. Puis n'écoutant que mon courage, je sors et me précipite à la laverie qui se trouve à 4 numéros de chez moi. C'est seulement une fois que je le vois tourner, tranquillement, dans cette grande machine rien que pour lui que je tranquilise. J'ai sauvé mon linge. Je suis une héroïne du temps ménager moderne.

Vacherie de M.A.L. .. Tu m'auras bien fait suer, mais je t'aimais quand même. Un quart de minute de silence, sivouplé.
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...
...
...
...
Merci.

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Mercredi 13 octobre 2004



Ce matin dans le métro, à la station Liège montent un père et son fils. Le père, allure très "homme d'affaires", serrant contre lui malette professionnelle et fiston tiré à quatre épingle, le cheveu net et l'air bien sage. Monsieur Papa traverse le wagon dans toute sa largeur, jouant des coudes et traînant dans son sillage l'enfant un peu intimidé. Il s'appuie contre la porte et attire son fils contre lui. "Voilà". Satisfait.

Il se penche vers l'enfant et lui parle en anglais. L'enfant, visiblement, n'a pas envie de jouer le jeu. Il lui répond un "mouais" peu emballé. Le père voyant que la matière n'accroche pas l'enfant, et visiblement, ayant très envie de faire réviser son fils, commence à lui poser des questions sur ses cours. Le garçon fait la moue. Il aurait certainement bien aimé parler d'autre chose avec son père. D'ailleurs il tente un "c'est toi qui vient me chercher ce soir" pour détourner la conversation mais son père après un "Non c'est ta mère" s'embarque dans les Sciences naturelles.
« Dis moi comment on appelle la diversité des espèces, animaux, végétaux… ?"
La colle. Pour moi. Je réfléchis. Je regarde en coin le môme, pas plus de 9 ans, l'air un peu affligé mais concentré. Le père s'impatiente et répète la question. Il consent à l'indice :
« Ca commence comme le yaourt… »
Je reste sceptique. Y a quelque chose ?
Devant l'air peu avancé de son fils, il ajoute :
« Bio… Bio… ?? »
Et en chœur, père et fils de dire :
« Biocénose »
Mais c'est bien sûr. Parents, si vous pouviez laisser un peu tranquille vos enfants le matin, dans le métro, en leur évitant de devoir réciter leur leçon, ça m'éviterait de me rendre compte de mon inculture. Merci.



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Mardi 12 octobre 2004



• Ma soeur a épousé un australien.
• Ils vivent à Londres
• Lui travaille dans une start-up qui l'envoie très souvent à l'étranger
• Il vient d'apprendre qu'ils vont surement devoir déménager au Portugual
• Mais pour cela, il faudra l'accord des actionnaires chinois.

• Moi je vis à Paris.
• Mon chéri vit à Paris.
• Il travaille à Paris et ne part jamais en déplacement.
• Moi non plus d'ailleurs.
• Mais cela dit, on aime bien manger chinois...

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Mardi 12 octobre 2004



...pour faire plaisir à votre amoureuse. Moi j'ai de la chance, mon chéri a tout compris. Décryptage en deux étapes :

1) Arriver à un rendez-vous à peine en retard, mais porteur d'une très jolie rose (-2 points, +10 points)
2) Après une soirée ciné tranquille, rentrer tranquillement avec votre bien-aimée, la laisser ouvrir sa porte (si c'est chez elle) ou l'ouvrir vous-même (si c'est votre chez-vous commun) puis la laisser pénétrer dans l'appartement pour découvrir, sur la table du salon le reste du bouquet dans un joli vase bien mis en scène. (40 points + 10 pour l'effet de surprise)

Rapide bilan : 40 + 10 + 10 -2 = 58 points. Bon bilan de soirée.



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