Ce matin, je fais un détour par le commissariat pour faire ma procuration -pour cause de départ non prévu en Province, je donne donc le pouvoir tout puissant à mon homme :) Bon, à part le moment gênant du "mais mademoiselle, le département, c'est Seine et non pas Ile de France. Ca, c'est la région." (hum, ça marche le fait que je sois pas parisienne d'origine ??) tout s'est plutôt bien passé. Sur la fin, une dame assez âgée entre dans le commissariat (elle s'y est reprise par trois fois pour réussir à ouvrir la porte). Elle se pose à côté de moi au “comptoir" et commence tranquillement à invectiver le gardien de la paix en face de nous.
« Ils m'ont enlevé ma voiture ! Et j'm'en suis pas rendue compte tout d'suite ! C'est jeudi, en sortant, je la trouvais plus. Bêtement j'ai fait toute la rue au cas où ! Mais non ! encore un coup de la fourrière ! Elle est où ma voiture ? »

Pendant que le flic se marrait sous cape, mais appelait quand même la fourrière, après avoir réussi à lui extorquer le numéro d'immatriculation, je regardais la mamie, en train de plisser les yeux sur sa carte grise en vérifiant qu'il disait bien le bon numéro "589 Golf Yankee 75" - "Mais c'est pas une golf ma voiture !!" et je n'imaginais absolument pas ce petit bout de femme, avec sa canne, en train de conduire. Y'a pas un âge où les gens n'ont plus le droit de conduire ? Je n'aurais pas aimé me retrouver en face d'elle ! Là, elle m'a vu et m'a prise à partie : « Si ça se trouve, ils l'ont mise à la casse ma voiture, parce qu'elle est plus toute neuve. (et un peu plus fort) Pi les vieux on les met à la casse aujourd'hui !" D'un côté, elle me faisait de la peine cette petite mamie, et en même temps j'étais assez admirative du calme des policiers : "mais non faut pas dire ça madame."

Plus tard dans la matinée, j'avais un rendez-vous. En sortant du métro, je remettais la bride de ma chaussure quand un homme m'a interpellée.
« Tou a mal aux jambes (petit accent italien je pense)"
- Euh non, ca va... (le sourire en toute circonstance Mlle A)
- Non parce qué, jé peux te faire oun massage si tou veux, je suis un spécialiste.
Là j'avoue il m'a pris de court. J'ai accelèré le pas avec mon sourire niais un peu figé. Il a posé sa main sur mon bras, mais en douceur. Et il m'a dit :
- Tou sé comment jé fé, quel est mon secret ?
- ... ?
- Avec le pouche.
- ... ???
et il me montre son pouce.
Ahhh.
Je l'ai remercié, "c'est très gentil hein, mais non merci"
C'est Mr L qui aurait été content.
En plus, il était pas si mal. Et bêtement, j'étais quand même un peu flattée. Oué je sais, ca va hein.

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