Samedi matin, neuf heures. Levée tôt, je me sens un peu décalée. Tout cela est arrivé si vite. Devant l'église, il a beaucoup de monde qui attend. J'essaie de ne croiser aucun regard. Avec ma famille, nous avançons ensemble. Nous faisons bloc. Puis nous entrons tous dans l'église. Il fait un peu frais. Je m'assoie avec ma soeur au second rang, et me retrouve tout contre une colonne. la pierre est froide, mais bizarrement, cela me rassure. Du concret, du réel. Tout me semble tellement faux. Tellement différent de d'habitude. Le prêtre commence sa liturgie. "Samedi Saint blablabla". Je n'écoute déjà plus. En fait, ça me met les nerfs. Je ne suis pas venue pour Lui. Je suis venue pour elle. Et je n'ai pas envie d'entendre ça. Pas envie d'entendre ces chants qui ne me parlent pas. Alors mon attention dévie. Mon regard se concentre sur les reflets du soleil au travers des vitraux. Sur le mur à côté de l'autel, les lumières qui filtrent sont magnifiques. Un fauteuil en osier, sur le côté, est en train de tomber en ruine. Je le fixe, un moment. Le prêtre se dirige alors vers le cercueil avec l'encensoir. Devant moi, le dos de mes parents. Mon père, les épaules basses. De les voir tressauter un peu, ca me ramène en plein dans ce lieu. Ma mère sanglote, sans bruit. Ma main se pose sur l'épaule de mon père. Celle de ma soeur sur l'épaule de ma mère. La boucle est bouclée. La pierre froide contre ma jambe. Finalement si, tout est bien réel. Je ne reverrai plus ma grand mère. A l'enterrement, on nous distribue des petites fleurs, les immortelles. Je dépose un baiser sur la mienne, et la lance à mon tour sur le bois. Je lève les yeux. Le ciel est bleu. Le soleil haut dans le ciel, chaud. Ca lui aurait plu. Elle adorait le soleil.

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