honfleurfruitslegumes2C'est entre l'étalage des fleurs et des pommes que mon téléphone sonne, dimanche matin. « Bonjour tata ». En un seul mot, la situation est posée. Ca y'est, le bout de chou est enfin né, presque 15 jours après la date originelle, après les coups de flippe, les fausses joies et les débuts de quelque chose... Enfin, il est là. Ma soeur me raconte l'arrivée difficile du bonhomme, en bref, un accouchement puissance douleur. Moi j'écoute stoïque, marche un peu dans le marché. Les fruits, les légumes, les choux et les roses. Très calme, je commente, rassure. Et puis soudain, au moment où l'on va se quitter, je sens que ca monte en moi. Un sentiment fort, mêlé de soulagement, de bonheur, de je-ne-sais-quoi qui me prend à la gorge. A l'autre bout, ma soeur parle encore, ne sent pas l'émotion qui monte en moi comme une vague puissante. J'ai l'impression de me retrouver deux mois en arrière, dans un resto de Londres, assise face à elle m'annoncant que je vais être marraine. Le même sentiment, à présent, s'impose à moi, avec une dose surpuissante en plus, comme décuplé. Et je me mets à pleurer. Ma soeur va bien. Elle a défié le destin qui s'entêtait et l'a vaincu. La peur, l'appréhension, tout s'envole avec ces larmes. Tous les mauvais présages qu'on m'a servi ont disparus. Je ne pense plus à rien. Juste à cette nouvelle famille qui vient de naître, quelque part en Angleterre. Et au fait que moi, là, au milieu de ce marché plein de vie, de voix bruyantes et dans le soleil de ce dimanche frais, je suis tata.


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