Copyright © 2002 Anna McDade Freelance Digital Artist


J'admire les psys. C'est vrai, ils sont là à écouter les autres, en tentant de garder une réserve, de ne pas s'impliquer, de ne pas plonger dans leurs propres ressentis… Bien entendu cela leur arrive : dans le jargon, c'est ce qu'on appelle le contre-transfert. Il est même nécessaire pour que l'empathie et le processus thérapeutique se mettent en marche. Là, je sens que vous vous dites "Oui, OK, mais où veut-elle en venir"

En fait c'est tout simple. En lisant l'autre jour des réponses que des ados se faisaient sur un forum, j'ai réalisé qu'ils étaient dans le ressenti, le pratique, qu'ils se conseillaient, écoutaient les autres, étaient vraiment dans cette fameuse notion d'empathie. Alors que nous, adultes, nous sommes à fond dans le vécu. Si quelqu'un vient nous raconter une histoire qui lui est arrivé, au bout de deux minutes, c'est plus fort que nous, on est déjà plongé dans notre propre vécu "Ah tiens, il m'est arrivé à peu près la même chose récemment" ou "Ca me fait penser à un truc que j'ai vu…" C'est plus fort que nous.

Où est passé notre sens de l'écoute ? Pourquoi se projette-t-on quasi systématiquement dans l'histoire de l'autre, pour y introduire de notre vécu ? Est-ce que ça nous rassure, qu'on veut montrer à l'autre que finalement, on se ressemble tous, pour en fait se sentir moins seul dans ses histoires ? En tout cas, ça crée forcément des brèches dans les relations. A force d'essayer d'analyser ce que vit l'autre à travers notre propre grille d'analyse et de sentiment, on fausse le lien. Du coup, j'ai décidé de faire plus attention aux autres, à ce qu'ils me disent, de les écouter jusqu'au bout, et de lutter contre mon envie de raconter MA vie, alors qu'ils sont en train de me parler de la leur. La question est : vais-je réussir à contrer mes habitudes ?

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