17h50. J'arrive dans le petit square de la Porte de Champerret. Au pied de l'église de briques rouges, lieu du RDV. Je suis en avance, comme toujours, alors en quête d'un endroit où me poser, c'est ce petit square ombragé sur lequel mon choix s'est porté. Je choisis un banc un peu isolé. Un banc plus loin, deux mamies papotent tranquillement; De l'autre côté, un monsieur à moustache, cheveux blancs, lunettes et short me rappelle vaguement quelqu'un. Comme il regarde vers moi, je n'ose pas attarder mon regard.
 
A peine assise, je saute sur mon téléphone. En bonne parisienne stressée, j'appelle pour qu'on me localise. Rassurée, je sors mon livre. La révolution des fourmis. Un an que ce troisième tome attend sagement sur mon étagère que je finisse par lui donner sa chance. Je lis trois pages. Au loin, un caprice d'enfant me fait lever le nez. Alors, seulement, je daigne accorder un peu d'attention au monde qui m'entoure. Les pelouses bien vertes. Les enfants qui se coursent, la gamine qui chouine et son frère qui l'arrose avec un tomahawk à eau (on ne pourrait plus décemment qualifier de "pistolet" une telle machine de guerre aquatique). Je souris. Je range mon livre et je décide de ne plus rien faire. Juste regarder, écouter, attendre, tranquillement. Et puis c'est plus fort que moi. Je sors mon carnet rouge.
 
A présent je lève le nez. Le monsieur-déjà-vu est parti. Je ne saurai jamais à qui il me faisait penser. Je suis une piètre observatrice. Il ne me reste plus qu'à attendre qu'on m'appelle pour ce RDV. C'est affolant de ne pas savoir rien faire.
 
 

Retour à l'accueil