Nous avons tous nos lieux de rendez-vous, repères nécessaires pour nous  situer, nous retrouver comme autant de petits ancrages dans nos vies. Il y a les lieux habituels, la place du marché, la fontaine, devant la gare… Chaque village, ville, ou capitale est ainsi balisé d'endroits phares, facile à trouver. De points rencontres qui fluctuent selon les périodes de notre vie, au rythme des déménagements, des changements de travail, des gens qui croisent nos vies…
 
A Paris, c'est simple, il y a les monuments, les fontaines et les parcs. J'ai moi-même posées quelques balises. Chez les amis. A Beaubourg, près de la fontaine Stravinsky, à l'UGC des Halles, passage obligé une fois la semaine, sous cet arbre là du parc Monceau où je fais mon tai-chi, sous cet autre arbre, aux Buttes Chaumont, après le petit ruisseau et la grande côté, pour les dimanche après-midi. Au pied de la Tour Eiffel, direction Champ de Mars, sur la droite pour les pique-nique entre amis…
 
    Et puis, plusieurs fois par semaine, St Lazare. Moment précieux d'attente. A chaque fois, le cœur qui se serre devant les minutes de retard de l'attendu. Mes yeux qui passent de l'horloge de la gare aux aiguilles de ma montre. Et qui finalement se posent alentour. Sur les gens. Qui courent partout. Que font-ils ? Qui sont-ils ? Quelle est leur vie ? Et là, sans que j'ai pu sentir venir quoi que ce soit, un souffle dans mon cou, deux mains sur mes hanches, un rire au creux de l'oreille. « Mademoiselle, vous vous laissez tripoter par n'importe qui, c'est une honte. » Mais ce n'est jamais n'importe qui, puisque c'est lui.
   
 
 

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