vie

Je profite de cette excellente note dénichée sur www.internetactu.net pour vous parler un peu de mon boulot. C'est la première fois en un peu plus de deux ans de blog que je dis ce que je fais (parce que jusqu'ici je n'en voyais pas la nécessité). Parce que ce billet d'Hubert Guillaud m'a touchée. Lisez le, tout d'abord.

J'vous explique, maintenant... Je m'occupe sur un site de la communauté : forums, blogs, etc... C'est un boulot qui me passionne, et je sais que je suis faite pour ça. En six ans, ils m'en ont fait voir de toutes les couleurs (les trolls réguliers, les fans du modérateur - mails d'admiration à la clef, les menaces de suicide, les floodeurs, les annonces en tout genre, les week-end pêtage de plomb et soirée délire éthiliques...) Et pourtant, je suis toujours là. 
Au tout début, quand le site a été lancé, et les forums en particulier, je connaissais tous les participants. Je les lisais avec ardeur, connaissais leurs envies, leurs goûts, les livres qu'ils appréciaient quand ils en parlaient, m'émouvais de leur peine, riais à leurs blagues... J'essayais de me tenir à l'écart mais parfois, je ne pouvais pas m'empêcher de prendre un pseudo et de parler un peu avec eux. Le site a eu de plus en plus de visiteurs, j'ai fini par ne plus si bien les connaître, de plus en plus nombreux chaque semaine. J'ai pris du recul. Mais j'ai continué à lire, et à modèrer. Parfois même à participer. De plus loin.
Ils ne le savent pas, mais si, je les lis toujours, certains forums plus que d'autres, parce que j'ai beau être modératrice (je signe malgré tout modérateur ;), je ne suis pas moins humaine et certains thèmes m'intéressent plus que d'autres (même si je checke en particulier les thèmatiques plus sujettes à polémiques).
Quand ils se plaignent que le modérateur a encore tranché dans le vif, sur "simple demande ou plainte d'un internaute lambda", ils n'ont pas l'air d'imaginer que je ne me base jamais sur UNE plainte. Que je remonte dans l'historique. Je lis tout. Et je fais au plus juste. Bien entendu, des fois je fais des conneries, parce que je suis submergée de taf, et que la discussion tourne au pugilat de cour de récré. Ils ont beau avoir en moyenne 35 ans, ils se disputent comme s'ils en avaient 30 de moins et je joue plus souvent le rôle de pionne ou de maîtresse d'école que de modérateur. Alors des fois, je coupe dans la discussion. De toute façon, je n'ai pas les outils techniques pour faire dans la finesse, pour laisser LA réponse intéressante du lot. Ni pour supprimer l'accès définitif à un troll "par la magie du tracage d'IP" comme régulièrement demandé.
Parfois, je me laisse avoir : j'explique, je parlemente avec eux. Parce que je n'aime pas les sentiments d'injustice. Mais le plus souvent, je ne tergiverse pas. Il faut quelqu'un qui fasse le médiateur. J'agis dans l'ombre le plus souvent, par mail privé. Parfois sur le forum, pour que le message soit bien clair pour tous. Finalement, j'aime les nuances de ce boulot.
Comme un flic, j'ai mes indics réguliers. Ceux qui viennent me prévenir, me parler des dérapages. Ce sont mes modérateurs adjoints. J'ai l'impression d'être un shérif sans étoile. Je sais bien qu'ils ne m'aiment pas pour la plupart. Et pourtant, je me démène pour eux.

L'arrivée des blogs, ca a été pour moi un véritable second souffle. Une autre façon de connaître, de voir. La part de modération est minime. Il s'agit plus d'animer. Et là, c'est un formidable plaisir. Passer d'un blog à l'autre, chercher la perle, le message qui va fédérer, toucher, trouver l'écho dans la communauté.

Alors oui, comme le dit cet article, modérateur/animateur, c'est un job ingrat. Parfois. Mais partager avec eux leurs épisodes de vie, c'est fabuleux. Et je n'échangerais mon taf pour rien au monde.

Retour à l'accueil