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En ce moment je pète un peu les plombs. Je suis fatiguée, sur les nerfs, je me fais des maxi-films Super huit, et je réagis au quart de tour. L'autre jour, par exemple, je me suis mise à brailler comme une dinde après l'un de mes collègues. Ca fait un moment qu'il me chauffe mais je suis plutôt du genre Zen self-contrôle d'habitude. Sauf là.

Pour vous resituer l'histoire, le jeune homme est là depuis quelques mois, pour un stage de fin d'étude Marketing. Un petit mec genre minot, qui sait qu'il est canon et en joue à mort (dommage pour lui, ca ne marche pas avec moi). Sa caractéristique principale est qu'il a les dents qui raillent la moquette (je vous jure, ca existe). Il en veut tellement que la plupart des gens de la boîte qui le croisent, sont persuadés qu'il est déjà engagé en CDI. Au téléphone avec l'extérieur, il parle vraiment comme s'il était implanté dans la boîte depuis des lustres et avance des trucs incroyables. Au début, je me suis demandée s'il m'agaçait parce que moi, petite stagiaire, 5 ans auparavant, j'étais plutôt effacée, et vraiment moins culottée. Mais en fait non. Ce qui m'enerve, c'est qu'il ne reste pas à sa place et se permet de répondre à tout le service avec son petit air supérieur sur des trucs qu'il ne maîtrise pas, juste parce que c'est le seul qui a des notions de market'. Je pense sincèrement qu'il veut bien faire, et qu'il a tellement bien été forgé dans le moule de son école, qu'il veut nous faire profiter à 1000% de ses notions extra-visionnaires. Mais il ne connaît pas notre boîte, l'esprit de notre site, et s'entête à proposer des trucs qui nous tirent vers le bas. "Le petit jeune qui n'en veut et qui espère avoir un job à la fin de son stage", c'est un concept que je peux comprendre et accepter. Mais quand le petit jeune en question est prêt à tout pour y arriver, piquer les contacts des autres, court-circuiter et ne pas communiquer l'info, tout ça pour mieux avancer, là je dis non.

Ce jour-là, il a commencé à prendre un ton de donneur de leçon qui m'a exaspérée, sur un projet qu'on développe ensemble dans ma partie. Il  me tenait tête sur un point précis, qui me semblait absolument évident. Je ne suis pas du genre à me mettre martel en tête et à ne pas écouter les autres, mais là, je savais qu'il était dans l'erreur, et il ne voulait pas l'entendre. Et d'un seul coup, c'est sorti, j'me suis mise à gouailler. Mes autres collègues qui me connaissent bien m'ont tous regardé l'air ahuris. Mon chef, qui était justement en train de sortir du bureau, est revenu la bouche ouverte, et m'a gratifié d'un "euh, je reviens, on en parle" tout ce qu'il a de plus empli d'incompréhension. Minet m'a regardé plutôt gêné, et du coup a commencé à partir dans des "Non mais c'est pas la peine de t'enerver, si c'est comme ca, on va faire ce que tu veux et puis tant pis" qui m'a encore plus enervée. Du coup, je suis sortie du bureau furax avec mon lecteur mp3 pour aller boire un café plus loin et me calmer.

Ce que je retire de cette histoire, c'est que je me suis débinée. Après je n'en ai pas parlé avec lui, j'ai pas mis les choses au point, tout simplement parce que je me vois mal lui dire "Tu n'es qu'un stagiaire, tu me parles pas comme si tu connais la place mieux que moi, je suis là depuis 5 ans, pouet pouet, c'est ma cour d'école, et fais gaffe je connais mieux la maîtresse que toi". Quand l'orgueil en prend un coup, je sais pas gèrer. Je sais pas monter au conflit. Mais je me ferai pas écraser. Non mais.

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