-users-audrey-desktop-img-0368.JPGC'est incroyable comment rencontrer la famille d'une personne vous ouvre des portes de compréhension, une sorte de chemin avec des petits cailloux semés vers la connaissance d'autrui. Depuis que j'ai rencontré la famille de mon amoureux, je comprends tellement de choses sur lui, comme des petites lumières qui s'allument, les unes après les autres, sur un sapin un soir de Nöel... Car ces éléments, je les prends comme de véritables cadeaux pour avancer vers lui.

Le truc, c'est que ces week-ends dans sa famille me perturbent. Parce que je ne trouve aucun repère quand j'y suis. Chez moi, on parle beaucoup, on se dit qu'on s'aime, ce qui nous peine, nos colères... Je suis très complice avec ma mère, ma soeur, mon père. Nous sommes une famille unie, communiquante. Bref, on a de la chance, même si forcément il y'a des couacs. Il n'existe pas de famille parfaite. Chez mon homme, j'ai l'impression que seules les femmes parlent. Sa mère et sa soeur sont en fusion complète, s'appellent tous les jours, prennent la parole en famille sans cesse. Les hommes eux se taisent. Son père observe, toujours en recul. Et son frère ne m'a pas dit deux mots depuis que je le connais.

Et moi qui aime beaucoup apprendre à connaître les gens, au tout début, je posais mille questions, m'intéressait énormément... Aujourd'hui je suis perdue. Je reste sur ma réserve. Si son père vient nous chercher à la gare, pendant le trajet en voiture, pas un mot n'est échangé. Et je me rends compte que ces silences me mettent terriblement mal à l'aise. J'aurais envie de les combler, parce que ce n'est pas le genre de silence zen, de ceux qui font du bien qu'on partage dans des moments de plénitude. Ce sont des silences pesants. Pour moi en tout cas. Et je me sens impuissante. Je n'ose même plus parler, lancer des sujets de conversations car je me sens déplacée. Comme si on m'avait arraché à une branche de cerisier, pour essayer de me replanter sur un mirabellier. Ce n'est pas ma place. C'est contre nature. Contre ma nature de communiquante.

Je comprends mieux alors pourquoi il est si touchant de timidité quand on le parachute dans une assemblée où il ne connait presque personne, et pourquoi mon homme est plus à l'aise en société avec les femmes. Je me sens moins jalouse de fait. Je comprends mieux également pourquoi il stresse dans ma famille, qu'il cherche toujours à faire une bonne impression. J'ai moi-même tellement peu de repères dans la sienne que j'ai toujours l'impression que je vais faire un impair. Je comprends mieux enfin pourquoi il faut l'apprivoiser, pourquoi ca semblait si dur au début pour lui de montrer ses sentiments. De s'ouvrir. De ne pas avoir peur d'être jugé, d'être bête et ridicule. Alors que c'est quelqu'un de formidable. Tout simplement parce qu'il n'a pas appris à parler en famille. A créer de vrais liens, malgré le fait que tous les membres de sa famille sont gentils et généreux. Alors si j'arrive à l'aider à s'ouvrir encore plus, je sens qu'il va encore plus m'épater. Parce qu'à l'image de sa famille, il est gentil, prévenant même, et généreux. Et je sens qu'il me réserve encore de nombreuses surprises. Et ca me plait. Alors s'il faut encore aller souvent dans sa famille, j'irai, et je ne trainerai pas les pieds. Parce qu'alors, je sais que j'apprendrais encore davantage sur lui.
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