Dans le métro, ce midi, direction le sport.


Devant la porte, j'attends sagement mon arrêt. Mes yeux sont perdus dans le vide, regardant les murs sales et défraichis défiler, sans même les voir. Mon regard accroche alors mon pull rayé (qui me vaudra quelques minutes plus tard, la réflexion d'un homme qui me demande son chemin "Oh avec un joli sourire et un look breton, j'adore !" Mr L., no panic, 100% gay) puis remonte lentement jusqu'à mon visage.

 

Avec une sorte de choc, je ne me reconnais presque pas. Je fixe le reflet quelques minutes. Je comprends, j'assimiile le fait que ce reflet, c'est juste que je ne l'aime pas. Que j'aimerais que par magie, il soit enfin tel que je le rêve, l'imagine, l'espère. J'ai beau me détailler, me retrouver vaguement dans ces traits, il y a une fissure entre mon moi actuel, et le moi désiré. J'ai sincèrement mis trois ou quatre minutes avant de me raccrocher à cette image, m'y reconnecter. Avec regret. Bien déterminée à la changer. Sac de sport à l'épaule. Motivation au ventre.

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