Que je vous raconte quand même cet interlude avionnesque qui m'a un peu surprise, et laissée perplexe. Il faut savoir que je n'ai pas peur en avion. Au contraire, j'adore prendre l'avion, je suis fan de la sensation d'accélération, suivie de celle du décollage où un truc se passe, là, au creux du ventre. Dimanche, pourtant, en rentrant de Vienne, c'est un tout autre scénario qui s'est joué. Déjà, en prenant place, j'étais mal à l'aise. Nous étions un rang derrière la porte d'évacuation d'urgence centrale. Direct, je me suis imaginée les films catastrophe, avec la porte qui s'arrache en plein vol, les passagers avalés dehors, engloutis, déglutis. Je me suis imaginée l'envol, l'écrasage au sol. Moi, sous format compote. Mais bon, un rang derrière, je me suis rassurée : je ne serais pas la première éjectée (... quoi ?). C'était sans compter l'hôtesse de l'air. Une autrichienne mignonne, qui montrait sans arrêt combien elle avait de dents, qui nous a demandé, dégoulineusement, de bien vouloir passer un rang devant, pour qu'elle puisse mettre une famille avec un jeune enfant à notre place.

Là, j'ai commencé à craquer nerveusement. Je ne voulais pas changer de place. Des trucs terribles me passaient par la tête : Pourquoi ??? Nous on peut mourir et pas eux ? Pour eux c'est dangereux mais pas pour nous ? Pour une fois que j'étais devant le hublot ! Bref, sous le regard interrogateur de mon homme qui pensait que j'étais juste en train de faire une crise de râlage intempestif et de mauvaise volonté, j'ai bien dû me bouger. L'hôtesse a repéré que j'étais pas contente, d'un coup, y'avait moins de dents à voir. J'avais envie de lui fracasser la tête. Et j'ai mis un peu de temps à comprendre pourquoi.

Securite_porte2
Ce n'est qu'une fois assise à côté de la porte de secours, quand j'ai senti l'air passer, que j'ai entendu le bruit plus fort que j'ai compris. J'avais la trouille. Mais d'une puissance impressionnante. La vraie peur. Au sol, ça allait encore. J'essayais de faire bonne figure. Mon homme, de plus en plus persuadé que je faisais la gueule, devait se dire qu'à quelques jours du mariage, je montrais enfin mon vrai visage (une peau de vache sans coeur). Et là, on a décollé. Et j'ai rien pu contrôler. Je me suis mise à pleurer.  Terrifiée. Mr L, direct, tout inquiet, proposant même que nous échangions de place. Et moi, au lieu de me raisonner, je me disais : "Et si c'est lui qui est aspiré dehors, je ne me le pardonnerai jamais" comme si, dans le cas hautement improbable où la porte s'ouvrirait en plein vol, seule la personne près de la porte pouvait mourir... Merde, pourtant j'ai vu le premier épisode de LOST ! Enfin bref, j'ai fini par ne plus trop y penser, sauf quand mon bras touchait la porte par inadvertance. Je suis restée à côté, je ne sais pas, je voulais peut être me prouver que j'étais pas une fiotte. Mais je n'en reviens toujours pas de la puissance de ce sentiment de trouille.

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