« Je râle donc je suis » ?

Aéroport de Dublin. Dans moins d'une heure, je quitte un pays charmant et on ne peut plus accueillant. Ici tous les gens sont souriants, prêts à vous donner un coup de main. Le café est servi avec chaleur et les personnes qui papotent avec vous ont l'air de VRAIMENT s'intéresser à vous. Une vraie bouffée d'oxygène. Et déjà, là, avant même d'embarquer, me voilà confrontée à la goujaterie française. Un jeune homme pousse tout le monde pour atteindre en premier l'hôtesse. Je me croirais de retour au lycée, dans la queue d'attente de la cantine, les affamés jouant des coudes pour atteindre le buffet en tête. A l'époque, ça m'amusait.
Aujourd'hui, je me mets à râler. Et je me rends compte que ça semble gêner mon entourage. Non, mes amis, je n'ai pas décidé de m'aigrir. J'ai juste décidé de l'ouvrir. Parce que j'en ai marre de me faire marcher sur les pieds sans moufeter. Mais attention, il ne s'agit pas de faire dans la démesure, de râler à tout va, de crier au scandale. Juste réagir de temps en temps, histoire de rééquilibrer les choses. Rassurez-vous, dans le métro, je souris toujours aux enfants…