Tout à l'heure dans le métro, je me suis assise à un emplacement de quatre sièges. Il y avait déjà trois trentenaires assis, en pleine discussion. Il était 20h passées, j'étais complètement HS (j'avais dû refaire une présentation Powerpoint du début car la DA avec laquelle je bosse sur un projet trouvait que je n'avais pas "respecter son boulot en mettant ses PSD en si petit sur la présentation" - et je pense qu'elle ne rigolait pas tant que sa voix voulait le laisser présumer)... Et je ne sais pas, sitôt assise, je me suis sentie bien avec eux. Ils ne m'ont ni parlé, ni regardé, mais je me suis laissée bercer par leur voix (surtout celle de l'homme qui avait une voix posée, très grave). Ils parlaient travail, visiblement l'une d'entre eux ne supportait plus la situation qu'elle vivait, les autres essayaient plus ou moins de la convaincre de partir "tu as peur d'être au chômage ? Il ne faut pas, c'est une période qui te permettra de te redynamiser" (ah ?)

A Havre Caumartin, le métro a stationné un long moment. J'ai sorti de mon sac un journal. Mais étonnamment, je ne suis pas parvenue à me concentrer. Invariablement, je revenais à leur conversation. Ce n'est pourtant pas tant le sujet de leur conversation qui m'intéressait. Je ne saurais même pas dire ce qui m'intéressait exactement dans cette situation. Mais j'étais toute à leur écoute. Quand ils sont sortis du métro, j'ai même presque regretté de ne pas connaître la suite. Curiosité ? Sensation furtive de bien-être ? Fatigue ? En tout cas, c'était une situation inédite. Intéressante.

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