« J'ai une anglaise intérieur cuir, des costumes YSL, une femme qui suce,  une prof de golf aussi, des amis à New-York, deux toiles de Gerhard Richter, des grands crus  d'un peu partout, trente-huit balais, des agendas papier, des collègues  casse-couilles et plein de trous à l'estomac. »

Dès la présentation, ça commence fort. Pendant 16 semaines, Max a tenu en haleine un nombre impressionnant d'internautes, postant chaque jour un petit commentaire bien salé sur le monde cruel de son entreprise. En le lisant, on se demandait le plus souvent qui de lui ou de l'entreprise était le plus cruel. Portraits au couteau, descriptions bien senties : le paradis du graveleux et du scato.

En bref, lire le blog de Max, ça titillait notre petit côté sadique, comme quand on ne peut pas s'empêcher de regarder la nouvelle star, juste pour voir des pauvres gars se faire laminer par un jury qui ne mâche pas ses mots. Max, c'est ça : le jury de sa boîte. Et tout le monde ou presque était recalé. Forcément, nous, accro, on revenait lire. Et mine de rien, il savait fidèliser son public le Max. On revenait suivre la première work-série blog...

Et soudain, c'est le drame. Il y a quelques temps, Max décidait d'arrêter. Dans sa note "Il est libre, Max", suivie d'une épilogue poignante, il fermait son blog. Ce jour-là, assurément, on a dû assister à une salve de suicides collectifs. Le RDV 100% cynisme quotidien était clos. Et la question d'un "Qui était-il vraiment ? " restait à jamais non-élucidée.

Et puis non. A croire que c'est une drogue, ces trucs.  Un petit post, comme ça l'air de rien en Janvier. Et puis tiens, un autre, là comme ça, en Février… Il y revient. Encore et encore (c'est que le début ?).



 

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