Misère, misère
Pour une petite provinciale comme moi, le plus dur à vivre à Paris est résolument de voir la pauvreté et la misère actuelle. A Besançon, même si je ne suis pas naïve et que je sais que la misère est partout, je ne m'en rendais pas vraiment compte. Je viens d'un milieu simple mais je n'ai pas connu la pauvreté. Mes parents ont gravi les échelons sociaux peu à peu (de coiffeuse ma mère est devenue commercante avec sa propre boutique, mon père était électricien et a fini ingénieur/formateur). Nous n'avons donc pas été dans le besoin.
En arrivant à Paris, j'ai eu un choc : ici, les SDF se voient. Ca peut paraître déplacé dit ainsi, mais de chez moi au métro, je vois les tentes de MSF, je croise plusieurs sdf "réguliers" qui ont leur place, pour faire la manche, je vois les matelas à côté des porches... Dans le métro, comme ce matin, ils viennent parler, à la "criée" pour se faire enfin entendre, en espérant une pièce. La forme change, le fond non. Et à Besançon, jamais je n'ai été confrontée à cette pauvreté de proximité. J'avais mes oeillères. Le monde était beau, je ne m'en faisais pas. Ici, je me retourne le bide un jour sur deux. Je n'arrive pas à l'intégrer. Je n'arrive pas à m'y faire. Et finalement, tant mieux. Tant mieux si j'ai mal quand je me sens impuissante. Tant mieux si je n'arrive pas à me blinder, à tourner le regard ou pire, à regarder la pauvreté avec des yeux vides. Ne devenons pas aveugle. Ne tournons pas le regard. Et si vous ne vous sentez pas de faire des actions de temps à autre, pour remédier à cette situation, portez-leur de l'attention. Nous leur devons au moins ça.
Œuvrer pour un monde sans pauvreté :
http://www.banquemondiale.org/