Je traîne devant les textes. J'examine en détail les photos, me laisse imprégner par cette atmosphère si particulière. J'aime les expos. Et j'aime y aller seule. Je prends mon temps. Je vais à mon rythme. Je ne cherche personne des yeux, je suis toute à ce que je vois, lis, entends. Je me laisse émouvoir. Je reste indifférente. Je m'éparpille et reviens sur mes pas, en quête d'une légende que j'aurais laissé filer.

En sortant de l'expo Sophie Calle hier, je me rends compte que trois heures ont passé. Et c'est alors, seulement, que je regrette de ne pas pouvoir le partager. Et puis en y réfléchissant un peu, je me laisse le temps de mûrir un peu mes impressions. Aujourd'hui, ce que je peux dire, c'est que j'ai l'impression qu'on a tous un peu de Sophie Calle en nous. Des mots, des photos, des idées à la pelle. Et que l'on exploite pas le quart de ces  petits trésors qui sommeillent en nous. Peut-être qu'on a la frousse. Je ne sais pas. Peut-être aussi que la plupart des gens n'en sont pas conscients.

J'en ressors plus inspirée que jamais. Non pas par l'exposition elle-même, mais séduite par le fait que toutes les idées peuvent prendre forme. Pour peu qu'on se lance, qu'on se laisse inspirer. Mettons en œuvre nos méninges. Et étonnons le monde. Il n'attend que ça.

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