Dans le train qui me ramène à la réalité, en cette fin de week-end, je me sens bien. Enfoncée dans le fauteuil, j'observe le paysage qui file, au rythme de sa respiration lente et lourde. Sa tête est posée sur mes genoux, je lui caresse les cheveux. En confiance. Tout me paraît évident.

Dehors, les nuages s'empilent au loin, bleus, blancs, roses. J'ai l'impression qu'un machiniste de cinéma fait passer de grands décors peints en fond. Les couleurs sont étranges, les nuages trop bien rangés. On dirait des gros coups de pinceaux, méticuleusement appliqués à la Nicolas de Stael. Et je me plais à penser que ce décor ne s'offre qu'à moi.

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